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Actualités de Cicéron - Clara Auvray-Assayas

Une conférence du cycle : "Quels humanismes pour quelle humanité aujourd'hui ?"Actualité de Cicéron ?Par Clara Auvray-AssayasLangues et littératures anciennes, Université de Rouen, IUF

Adieu à l'esthétique

La relation à l'esthétique se présente dans le cadre de ce que l'on considère généralement comme la philosophie de l'esprit. Il faut préciser que c'est une philosophie de « l'esprit naturalisé » qui considère que l'esprit humain, avec toute ses caractéristiques, la conscience, les articulations cognitives et les normes de conduites, s'inscrit dans la continuité de l'Histoire. Histoire qui est celle de l'évolution du vivant sur la planète Terre. C'est une philosophie pour laquelle l'esprit lui-même est une caractéristique biologique de l'être humain. C'est ce qu'on désigne par le terme « naturalisation ». Il faut préciser que cette conception est loin d'être acceptée par tous les philosophes. Beaucoup considèrent qu'elle a été totalement réfutée par la phénoménologie. Toutefois, c'est ce cadre qui est ici utilisé pour l'analyse de la relation à l'esthétique en ce qu'elle se réalise comme une conduite humaine. Et pour étudier une conduite humaine, il faut utiliser tout autant les outils de la psychologie cognitive, de l'éthologie, de l'histoire comparée des cultures, de l'ethnologie, que des travaux strictement philosophiques. Il s'agira donc d'une approche parcourant des horizons divers.

Agir et juger

Les discours du politique : Ecole thématique Violence, consensus, sécuritéMu par une insatisfaction née du constat d'une confusion croissante entre la politique et le droit, Antoine Garapon s'intéresse ici à la définition et au rapport des deux notions que sont l'agir et le juger, l'action politique et l'acte de juger : est-ce que l'acte de juger peut être assimilé à une action et notamment à une action politique ? Se trouvent opposés l'agir positif, politique et l'agir impartial, passif du juge. Le pouvoir du juge serait passif en ce que le juge n'est pas à l'initiative de sa propre action (il est saisi par un tiers) et en ce qu'il n'est que le support transparent au service d'une volonté autre à travers lequel s'exprime la loi, la constitution. On assisterait aujourd'hui à l'apparition d'une confusion en conséquence de laquelle l'action politique se résumerait à l'acte de juger : agir, intervenir dans le monde, c'est juger. La justice apparaît ainsi comme la seule réponse au terrorisme, par exemple. La conférence est suivie d'une discussion.Equipe technique Directeur de la production: Christophe Porlier, Responsable des moyens techniques: Francis Ouedraogo, Réalisation : Service commun audiovisuel et multimédia Captation vidéo : Sebastien Boudin, Julien Lopez, Mathias Chassagneux, Son: Samuel Bazin, Montage-Encodage-Diffusion Web : Jean-Claude Troncard

Alexandre Meinesz – Comment la vie a commencé

Lundi 23/02/2009, Alexandre Meinesz – Comment la vie a commencéD’où vient la vie ? Comment est-elle apparue sur Terre ? Quels ont été les premiers organismes vivants ? À quoi ressemblaient les ancêtres de formes de vies actuelles ? Comment l’évolution a-t-elle sculpté le vivant au fil du temps ? Alexandre Meinesz présentera une synthèse des découvertes les plus récentes sur l’histoire de la vie. Il distinguera trois étapes innovantes majeures, ou Genèses : celle des premières bactéries, celle des premières cellules animales et végétales et celle des organismes composés de plusieurs cellules (dont nous sommes). Et quatre types d’événements fortuits ayant profondément façonné l’histoire du vivant sur Terre: trois événements « créatifs » (les mutations, la reproduction sexuée et la sélection naturelle), un quatrième destructeur (les grands cataclysmes comme celui qui vit disparaître les dinosaures il y a 65 millions d’années).Alexandre Meinesz spécialiste des milieux marins et des premiers organismes ayant colonisé la Terre (les algues), abordera les mystères de la vie avec un éclairage original sur l’évolution du vivant, différent de celui des microbiologistes, des généticiens ou des paléontologues. Il agrémentera sa conférence de ses expériences d’homme de terrain curieux de tout et amoureux fou de la nature… et d’un tableau, L’Astronome de Vermeer, qui sert de trame à son récit…

Approche philosophique de l'administration européenne

Cette conférence devrait être une invitation à penser autrement l'action politique et administrative. Elle proposera un déplacement par rapport à l'idéalisation et à son corollaire, l'indignation. Alors qu'on prétend souvent que la production d'idéal est nécessaire comme cap pour l'action, je soutiens qu'au contraire elle agit comme écran et occulte les nécessités et les contraintes de l'action politique et administrative. Ces nécessités sont notamment les jeux de pouvoir dans l'administration, les apories dans la chaîne de responsabilité, le caractère souvent irrésolu de la transcription d'une priorité politique en actes administratifs, la double dimension de l'action publique (sociale/efficace et politique/symbolique). Toutes ces nécessités requièrent d'être articulées et non amalgamées ou, pire, déniées. La figure ironiste est le vaisseau de mon « idéal » -si j'ose dire- pour la construction européenne, la Commission, et la fonctionnaire. C'est une posture philosophique qui assume la contingence du langage, qui intègre que le cours des choses n'attend pas, pour se dérouler, qu'une réponse soit donnée à certaines questions comme celles qui portent sur la nature du Vrai, du Bien, du Juste ou du Beau. Elle conduit à penser l'espace public par ses conditions aux limites, plutôt que par la recherche d'une origine. C'est une autre « physique » qui est proposée : celle du rebond, et pas celle du déploiement. Ne plus chercher à faire l'ange pour faire un peu moins la bête. Dans la réforme administrative, cela revient à reconnaître que le discours sur la compétence et la transparence n'est pas en mesure de fonder un nouveau mode de fonctionnement. L'enjeu est de mettre en place un système qui optimise les performances de l'administration sachant qu'il y aura toujours un mix de niveaux de compétence, et que, de plus, la compétence pure n'est pas isolable en soi. Je fais trois propositions : (i) instiller une dose de hasard dans la sélection de la hiérarchie, (ii) limiter systématiquement l'exercice des fonctions hiérarchiques dans le temps, (iii) développer un système de contre-pouvoirs au sein même de l'administration. Par rapport à la construction européenne, le pire ennemi sont les fausses alternatives, qui monopolisent le débat, et produisent un effet d'éviction par rapport aux enjeux actifs (toujours l'occultation !), comme par exemple l'opposition entre souveraineté nationale et construction européenne, ou encore l'amalgame entre la libéralisation/globalisation et la construction européenne. Je fais également trois propositions : (i) bannir du langage politique des formules collectives abusives, (ii) décliner les politiques en objectifs directs, (iii) ne jamais cesser d'aimer l'Europe. En conclusion, je défendrai l'idée selon laquelle l'issue de la Convention sera un élément-clé pour la vigueur et l'efficacité de la dimension politique en Europe, à quelque niveau que ce soit (municipal, régional, national, européen et mondial).

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