Petit guide du japonais pour le karaté
Le japonais, c'est du chinois!


Les idéogrammes japonais, appelés kanjis, proviennent du chinois. Une première série d'emprunts eut lieu vers 200 ans av. J.-C., parfois pour écrire un mot japonais ayant un sens identique, parfois seulement pour emprunter le son associé à un caractère. Cette période fut suivie d'un isolement presque complet jusqu'à ce que, du 9e au 13e ap. J.-C., une nouvelle vague d'emprunts ait lieu, avec de nouveaux sons et de nouveaux sens chinois pour des caractères identiques.

Le résultat, c'est qu'un même caractère peut aujourd'hui avoir plusieurs sens et possède souvent de quatre à six prononciations différentes. Un vrai casse-tête chinois! Malgré tout, certains kanjis restent très près des pictogrammes d'origine, apparus il y a presque 4000 ans. En voici quelques exemples :

Arbre

Grand
Boisé Petit
Forêt Montagne
feu
feu + clou = lampe
falaise + feu = cendres
montagne + cendres = charbon de bois
eau + dragon = rugissement d'une cascade
eau + ailes d'oiseau + oiseau = rincer le linge, c'est-à-dire reproduire le bruit d'un oiseau qui s'ébroue

Plus fréquemment, les kanjis sont utilisés en paires :

au-dessus + niveau = jodan (au menton)
au milieu + niveau = chudan (au plexus)
au-dessous + niveau = gedan (en bas)
avant + vie (né) = sensei (professeur, instructeur)
soleil + origine = pays du soleil levant
nom donné par les Chinois au Japon

Le nombre minimal de kanjis pour pouvoir lire un journal et les textes courants est de 2000. Cet apprentissage, très laborieux, est réparti chez les japonais tout au long du cours primaire. Comme les idéogrammes sont aussi utilisés pour l'écriture en Chine (cantonais et mandarin), en Corée du Sud et à Taiwan, un Japonais n'aura pas trop de mal à lire les inscriptions dans ces pays. Un premier alphabet phonétique, les hiragana, complète la liste des kanjis et permet de conjuguer les verbes et d'indiquer le rôle grammatical d'un mot ou d'une suite de mots.

Un second alphabet, le katakana, permet de reproduire les mêmes sons que le premier mais il est utilisé pour rendre des mots empruntés aux langues étrangères, le plus souvent à l'anglais. C'est celui qu'on utilise pour écrire nos noms sur les ceintures noires.